Étude sur le traitement hormonal de substitution

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Révisé médicalement par

Dr. Sarah Donald

MRCGP DFSRH DPD DRCOG

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13 avril 2021

5 min de lecture

La ménopause peut être une période difficile, voire même être un vrai calvaire au quotidien. Pourtant ces années s’annonçaient superbes ! Les enfants ont déménagé, votre carrière s'est stabilisée, votre retraite se profile à l'horizon.

Les symptômes les plus courants de la ménopause comprennent les bouffées de chaleur, les sautes d'humeur, les sueurs nocturnes, une certaine sécheresse vaginale et une baisse de libido. Les traitements destinés à soulager ces symptômes sont relativement nouveaux et l'histoire de l'hormonothérapie substitutive, ou traitement hormonal de substitution (THS), est courte. Comment faire pour garder les bons côtés de la ménopause, et oublier les mauvais ?

“Forever feminine”

Les études sur l'hormonothérapie ont commencé dans les années 1960 aux États-Unis. Toutefois, il a fallu attendre près de 30 ans et la fin des années 90 pour les premiers essais cliniques. Le traitement fut d'abord commercialisé sous le nom de Feminine Forever (“Toujours Féminine”) car il était censé préserver la féminité des patientes. Ce traitement sera ensuite diffusé dans le monde entier alors que le livre du même nom connaît un succès instantané, inspirant des milliers de femmes à consulter leur médecin afin d’obtenir ce traitement.

Quelques années plus tard, des recherches ont montré qu'un traitement à base d'œstrogènes uniquement pouvait augmenter le risque de cancer de l'endomètre, la muqueuse qui tapisse l'intérieur de l'utérus. Cela a remis en question l'utilité d’un tel traitement : qu’importe la féminité infinie si elle rend malade ? Le THS traînera cette mauvaise réputation jusqu'à ce que de nouvelles études montrent que moins d'œstrogènes et plus de progestérone pouvaient réduire les risques de cancer de l'endomètre et prévenir les maladies chroniques.

Suite à ces recherches, le nom “Feminine Forever” est devenu “Healthy Forever,” (de "Toujours féminine" à "Toujours en bonne santé," ndlr).

Etude sur la santé des femmes

En 1998, la plus grande étude randomisée sur le THS a débuté, avec la participation de 27 347 femmes (dont 16 608 avec utérus et 10 739 sans utérus). Cette étude, appelée Women's Health Initiative (WHI) (initiative pour la santé des femmes, ndlr), visait à évaluer l’impact du THS sur les causes de décès les plus courants chez les femmes en période prémenstruelle, notamment le cancer, l'ostéoporose et les maladies cardiovasculaires.

Les femmes ayant un utérus intact ont reçu une combinaison de 0,625 mg d'œstrogènes conjugués équins (OCE) (vendu sous le nom de Premarin, entre autres) et de 2,5 mg d'acétate de médroxyprogestérone. Les femme du second groupe, sans utérus, ont reçu soit 0,625 mg d'OCE soit un placebo.

Résultats de l'étude et controverse

Les premiers résultats, publiés en 2002, ont montré que les femmes ayant un utérus intact présentaient un risque accru de maladie coronarienne et de cancer du sein. Ici, les très grands risques ont éclipsé les potentiels effets positifs, telle qu’une réduction des fractures et du cancer colorectal. De plus, aucune distinction n'a été faite entre les utilisatrices et leur âge.

L'autre groupe a poursuivi les essais pendant 6 à 8 ans. L'étude a pris fin lorsque les chercheurs ont découvert une légère augmentation du risque d'accident ischémique cérébral (baisse de la perfusion sanguine dans une partie du cerveau) et l'absence d'autres avantages cardiovasculaires significatifs. Les bénéfices ne semblaient pas l'emporter sur les risques, et il a été conseillé aux médecins de prescrire la dose la plus faible pour soulager les symptômes de la ménopause.

“Commencer le traitement en début de ménopause est plus efficace et beaucoup plus sûr”

Il a été prouvé depuis lors que l'étude WHI n'incluait pratiquement que les femmes ayant dépassé de plus de dix ans leurs dernières règles. Il a été conclu que le traitement serait plus efficace et beaucoup plus sûr pour les femmes qui commencent le traitement au moment de leur première ménopause. L'étude était également restreinte à deux hormonothérapies uniquement, toutes deux orales : les OCE d’un côté, un seul progestatif de l’autre.

Le THS aujourd’hui

L'étude a eu un impact énorme sur l'industrie et sur la façon dont le monde perçoit le THS. Une diminution de l'utilisation a été constatée depuis lors. Toutefois, l'utilisation du THS est parfaitement sûre lorsqu'il est pris correctement.

Heureusement, il existe aujourd'hui de nombreuses façons d'utiliser les traitements hormonaux substitutifs : notamment les comprimés, les patchs, les gels, les crèmes et les injections. Il est conseillé aux femmes de consulter leur médecin sur la meilleure façon d'utiliser ces traitements.

THS

Le THS peut également être utilisé pour traiter les personnes en transition sexuelle, c'est-à-dire les personnes transsexuels qui souhaite changer de sexe.

Ce processus peut être très long et parfois stressant, en fonction de votre génétique, de votre âge et de votre état de santé général. Cette période parfois appelée "seconde puberté" dure généralement quelques années.

Les traitements hormonaux substitutifs pour les transsexuels ont commencé dès les années 1920, lorsque le médecin allemand Magnus Hirschfeld a créé le mot "travesti" dans son Institut des sciences sexuelles à Berlin. Il était l'un des rares à ne pas considérer les transsexuels comme des personnes mentalement perturbées, et à créer à la place un espace sûr pour qu'ils puissent vivre et suivre leur transition sexuelle. La patiente la plus célèbre de l'institut était Lili Elbe, dont la vie a inspiré le film The Danish Girl de 2015.

Le THS pour les personnes transgenres a fait beaucoup de chemin depuis lors, et n'est aujourd'hui pas si différent de celui utilisé par les femmes ménopausées. Les deux processus doivent être contrôlés, mais de manière différente. Une femme cisgenre qui utilise le THS le fera pour stabiliser les hormones, tandis qu’une femme transgenre utilisera le traitement pour modifier l'équilibre, et cela peut prendre beaucoup plus de temps.

Il est très important que les femmes transgenres n'expérimentent pas de traitements sans supervision, mais qu'elles traversent plutôt leur transition avec l'aide de médecins et de spécialistes.

Il est également important de noter que le traitement hormonal oral peut être dangereux si vous avez plus de 35 ans ou si vous fumez, tant pour les femmes transgenres que pour les femmes cisgenres.

Les traitements hormonaux nécessitent une ordonnance et ne peuvent être proposés que par un médecin ou un service médical agréé, comme 121doc. Vous pouvez trouver le traitement qui vous convient le mieux grâce à notre consultation en ligne, simple et rapide, où nos médecins s'assureront que vous obtenez l'aide dont vous avez besoin.